«  Président de la République, j'engagerais notre pays sur l'objectif du BIEN-ÊTRE, fixé sur l'horizon 2035. Plus endogène et territorialisée » Interview accordée par Marafa Hamidou Yaya au journal GERMINAL N°108 du 10 juillet 2017.

Publié le par Action Solidaire Pour Marafa (ASMA)

 «  Président de la République,  j'engagerais notre pays sur l'objectif du BIEN-ÊTRE, fixé sur l'horizon 2035. Plus endogène et territorialisée »       Interview accordée par Marafa Hamidou Yaya au journal GERMINAL N°108 du 10 juillet 2017.

 Germinal : Bonjour Monsieur le Ministre. Si nous vous laissons le choix, aimeriez-vous que nous vous interpellions en disant : Monsieur le Ministre, Monsieur Marafa, Monsieur le Prisonnier ? Pourquoi ?

 Marafa Hamidou Yaya : Ironie pour ironie, je pourrais vous répondre : je suis Marafa par la grâce de Dieu; tandis que Ministre et prisonnier, je le suis devenu par la volonté d'un seul homme. Mais, Monsieur le Ministre me convient, car j'assume, avec fierté, l'honneur de l'avoir été au service de mon pays. En outre, cela convient d'autant mieux qu’au Cameroun, le titre de ministre est synonyme de prisonnier potentiel.


Germinal : Quel est votre État d’esprit, votre moral actuellement après un peu plus de 5 années d’incarcération ? Et votre état de santé, qui s’est dégradé quelquefois vous poussant à consulter les médecins ? Y a-t-il un rapport entre vos différentes hospitalisations et votre condition de détention ?

 M.H.Y. : C'est une rude et longue épreuve pour ma famille, les amis qui me soutiennent et pour moi. Mais, j'ai un mental d'acier, et la conscience sereine. Quant à mon moral, il se laisse parfois submerger par le profond  sentiment d'injustice et de colère intérieure que je ressens à  être en prison sans avoir commis ni crime ni délits, et à y être maintenu malgré le jugement des Nations Unies d'avril 2016, demandant ma libération. Mais, très vite, ma combativité reprend le dessus. Mon état d'esprit est positif, je crois en mon destin au service du Cameroun. Bien sûr, si ma santé le permet.


 Germinal : Plus généralement, quelles appréciations faites-vous des conditions de détention dans les prisons camerounaises ?

 M.H.Y. : Selon l’Observatoire International des Prisons (OIP), le Cameroun, avec un taux de densité carcérale de 296 %, se place au deuxième rang mondial juste après la Barbade (302%). Ce taux qui rapporte le nombre de détenus à la capacité fonctionnelle des établissements pénitentiaires de notre pays masque des disparités fortes selon les prisons. À Kondengui, et à New Bell, ce chiffre est largement dépassé. Ce sont, pour un prisonnier, des conditions de détention inhumaines auxquelles nul n’est préparé. Au-delà des considérations morales, la surpopulation carcérale,  c’est aussi un enjeu de santé publique. En effet, les prisons sont des incubateurs de maladie tels que le Sida, la tuberculose, l’hépatite C. Il suffit de considérer le nombre de détenus, porteurs de ces virus, qui sortent quotidiennement de prison à l’occasion d’une permission ou à la fin de leur peine, et le nombre d’entre eux qui sont porteurs de ces virus - un rapport ONUSIDA de 2007 évoquait un taux de prévalence du Sida de 12% dans les prisons camerounaises !  -  pour comprendre que la surpopulation carcérale est un facteur de propagation de ces maladies dans le pays. J’ai vu à Kondengui des jeunes gens, enfermés là depuis des mois au contact de criminels endurcis, pour des  chèques sans provision. Certains d’entre eux, à leur sortie, seront  devenus des malfaiteurs dangereux, porteurs de maladies graves transmissibles et constitueront de vrais dangers pour la société. La prison, c’est l’affaire de tous. Le Cameroun doit revoir sa politique pénale et pénitentiaire ! Cela va de la politique pénale (la prison doit être la peine ultime ), à la création de maisons d’arrêt (pour les prévenus en attente de jugement) et à la construction de nouveaux centres de détention.

 Dans le cadre de la recherche des solutions pour améliorer les conditions de détention, j'avais proposé, en 2004, que la responsabilité de l'administration pénitentiaire soit retirée au ministère dont j'avais la charge pour être confiée au ministère de la justice. Il m'avait semblé en effet qu'il était plus logique que ceux qui sont chargés de prononcer les peines soient également ceux qui en supervisent l'exécution. Mais je constate que cela a été vain.
 Peut-être faudrait-il innover et tester le recours à des prestataires privés pour la gestion d'une prison.


 Germinal : Aviez-vous imaginé avant votre interpellation, compte tenu des services rendus au régime que vous avez loyalement servi pendant plusieurs années, qu’un jour vous pourriez vous trouver derrière les barreaux du fait des manœuvres des personnes que vous avez servies ? Autrement dit, votre interpellation vous avait-elle surpris ?

 M.H.Y. : L'Opération épervier, je l'ai dit par ailleurs, a été détournée de sa vocation initiale, qui était de lutter contre la corruption par le moyen d'une justice indépendante, et s'est transformée en un instrument d'intimidation et de règlement de comptes politiques. Tout ministre au Cameroun, sa réputation et son honnêteté fussent-elles entières, sait qu'il peut à tout moment être mis en prison pour des raisons politiques habillées, plus ou moins adroitement, en affaire judiciaire. Et peu importe qu'il soit innocent, une partie de l'opinion publique y verra la juste sanction de sa seule participation au gouvernement.  Dans mon cas, le fameux : "vous-étiez-un-piller-du-régime" suffit à justifier une  sanction expiatoire.


Germinal : Si vous faites abstraction de tout ce qui a été dit et écrit, comprenez-vous pourquoi vous êtes ici ?

 M.H.Y. : J'ai été emprisonné, et je suis maintenu en prison pour des mobiles strictement et exclusivement politiques. L'ONU a demandé la libération de Mr Engo, [Pierre Désiré, Ndlr], il est libre aujourd'hui. L’ONU a demandé la libération de Mr Atangana [Michel Thierry, Ndlr[ et de madame Eyoum [Lydienne Yen, Ndlr] ils sont libres. Malgré la demande de l’ONU de me libérer, malgré tous les appels internationaux en ma faveur, je reste prisonnier. Preuve, si besoin était, que mon cas relève d'une autre catégorie.


 Germinal : Après les différents verdicts rendus en votre défaveur, quel regard jetez-vous sur la justice camerounaise ?

 M.H.Y. : Mon affaire a été jugée par trois instances. Tout d'abord, par le Tribunal de Grande Instance du Mfoundi qui m’a condamné à 25 ans d’emprisonnement pour « complicité intellectuelle de détournement de fonds publics », crime qui n’existe pas en droit Camerounais. Puis, par la Cour Suprême qui a cassé et annulé le jugement du Tribunal de Grande Instance et réduit ma peine à 20 ans. L’arrêt de la Cour Suprême établit clairement que sa Section Spécialisée, devant laquelle j’ai comparu les 17 et 18 mai 2016, m’avait condamné deux semaines avant de me juger ! Enfin, j’ai été jugé par le Groupe de Travail des Nations Unies pour la Détention Arbitraire qui, au terme d’une procédure contradictoire de plusieurs mois, et après examen des milliers de pièces fournies par les avocats de l’État et les miens, a rendu une décision demandant ma libération immédiate, et même une indemnisation de mon préjudice. Mon regard sur la justice camerounaise ne diffère pas de celui de nos compatriotes ou de celui de la communauté internationale. Dans l’index Mo Ibrahim 2016, qui fait autorité en matière de gouvernance, notre justice est classée sur le critère de son indépendance au 42e rang sur 54 pays africains. Cela m’attriste, car nos juges sont pour la plupart de grande qualité, et ils n’ont guère de moyens de résister à la pression du pouvoir exécutif. Mais je ne désespère pas que certains d'entre eux, à l'exemple de leurs confrères malgaches, décident de relever la tête.

 Germinal : Faut-il désespérer de notre justice ? Comment la rendre véritablement indépendante de l’exécutif ?

 M.H.Y. : Non, il ne faut pas désespérer, car, nous avons parmi nos juges des magistrats de première catégorie. Mais, il serait illusoire de prétendre réformer notre système judiciaire sans toucher à la structure et au fonctionnement de nos institutions politiques. Autrement dit, tant que, de par la loi, nous aurons un président à vie, nous aurons une justice aux ordres.

Germinal : Est-ce qu’il vous est déjà venu à l’esprit de demander la Grâce présidentielle ? Pourquoi ?

 M.H.Y. : Non. La grâce présidentielle n'est pas un droit. Elle s'accorde, elle ne se demande pas.


 Germinal : Récemment, vous avez affirmé chez un confrère que vous êtes à la fois prisonnier du système et de M. Paul Biya. Cela veut dire que ce n’est pas seulement parce qu’en 2011 vous avez conseillé à M. Biya de ne pas se représenter à la présidentielle que vous payez le prix fort. Connaissez-vous les autres personnes au sein du régime qui vous en veulent ? Pouvons-nous avoir une idée sur ces personnes et de leurs motivations ? 


 M.H.Y. : Mon propos entendait justement se placer au-dessus des personnes, que ce soit celles qui souhaitent se maintenir au pouvoir ou celles qui veulent y accéder. Je  mettais en cause ce système global dont nous sommes tous peu ou prou responsables. Cela dit, mon incarcération s'inscrit clairement dans un contexte de guerre de succession, qu'exacerbent les rivalités entre les partisans d'un statu quo qui préserve leurs prébendes, et ceux qui plus ambitieux, mais sans talents, en sont réduits au vil expédient d'instrumentaliser la justice afin d'écarter  tout concurrent potentiel sérieux.


 Germinal : Avez-vous au cours des nombreuses années passées aux côtés du président de la République, en tant que très proche collaborateur, appréhendé sa conception du pouvoir politique suprême ?

 M.H.Y. : Sa façon d'exercer le pouvoir tient à deux choses : d’une part, à son caractère, réfléchi, prudent, conservateur, naturellement méfiant (les évènements de 1984 ont accentué ce trait), pessimiste quant à la nature humaine, secret, mystique jusqu'à l'occultisme, charmeur, jovial; et d'autre part, à la pratique institutionnelle dont il a hérité de son prédécesseur, et qui lui permettent de s'inscrire dans une tradition faite de clientélisme tribalo-religieux, de répressions violentes des manifestations anti- gouvernementales, d'instrumentalisation du sentiment national,


Germinal : Comment la Société de confiance que vous promettez aux Camerounais pourra-t-elle apporter des solutions aux crises multiformes qui les frappent ? 

 M.H.Y. : Seul un Cameroun qui aura repris confiance en lui sera en mesure, tête haute, de relever ce triple défi :

 1) le défi d'un développement économique au service des intérêts réels du peuple Camerounais. Actuellement, nous n'avons aucune capacité de négociation avec les institutions internationales. C'est juste un jeu de dupes, nous faisons semblant de croire que leurs recommandations seront efficaces, et elles font semblant de croire que nous sommes une démocratie.

 2) le défi d'une démocratie véritable. La Société de confiance s'appuiera sur le principe constitutionnel de l'alternance à la tête de l'État, au terme d'un ou de deux mandats, ce qui mettra notre pays à l'abri de la servitude volontaire.

 3) le défi de l'Unité nationale. La Société de confiance permettra de mettre en oeuvre une politique sincère de décentralisation, qui est l'outil indispensable de la  cohésion nationale.

Germinal : Où en êtes-vous avec ce projet de société ?

 M.H.Y. : Le projet avance. D'une façon ou d'une autre, j'espère que les principales propositions du projet de Société seront débattues lors de la prochaine élection présidentielle.

 Germinal : Après trois décennies de règne, l’impression qui prévaut dans notre pays, c’est que le Renouveau a réussi l’exploit de faire regretter l’ancien Président Ahidjo, notamment sur le plan socio-économique. Comment une telle situation s’expliquerait-elle selon vous ?

 M.H.Y. : La tentative de coup d'État de 1984 a eu pour effet d'installer une chape de silence sur les années Ahidjo. De fait, le bilan, l'inventaire des années Ahidjo n'a jamais été fait. Alors, on idéalise ou dénigre cette période sans en débattre réellement. Or, ce débat est crucial, car c'est un héritage qui pèse lourdement - et sournoisement - sur le mode de fonctionnement de nos institutions et de notre pays en général. Sur la page Cameroun de Wikipédia, l'encyclopédie en ligne, aux rubriques Histoire et Politique, le nom du Président Ahidjo est à peine mentionné ! Comment donner des repères et des valeurs à notre jeunesse, comment construire une  identité nationale forte en occultant près de la moitié de l'histoire récente de notre pays ? Or, si cette période peut donner matière à de sévères critiques, elle constitue aussi une source d'inspiration ne serait-ce qu'en matière d'affirmation de la voix du Cameroun sur la scène régionale et internationale.


 Germinal : Depuis quelque temps, les régions dites anglophones sont dans une zone de turbulence. Les solutions proposées et/ou apportées par les pouvoirs publics sont considérées par une partie de l’opinion comme de simples palliatifs. Comprenez-vous leurs revendications ? Partagez-vous cette opinion ?

 M.H.Y. : Au commencement de cette crise, les revendications étaient essentiellement sectorielles. Les mauvaises réponses apportées par le gouvernement à ces revendications ont conduit à une radicalisation qui a abouti à une crise sociopolitique. Revenu à de meilleurs sentiments, le Gouvernement a apporté des réponses dont certaines vont au-delà des revendications initiales qui étaient somme toutes légitimes. Mais entre-temps, la crise a pris une autre ampleur. Cela devrait nous donner l'occasion de ré-exprimer notre volonté commune de vivre ensemble et d'en fixer les nouvelles règles.


 Germinal : Dans la recherche des solutions à ce qu’il est convenu d’appeler le problème anglophone, certains sujets doivent-ils être tabous ? Quelles solutions durables, pour ne pas dire définitives apporter à ce problème ?

 M.H.Y. : En politique, il ne faut laisser subsister aucun tabou. Ma conviction est que toute solution durable passe par une décentralisation sincère, réelle, qui devra être périodiquement et démocratiquement réévaluée.

Germinal : Pensez-vous comme certains observateurs que la crise anglophone est un prélude aux batailles pour la présidentielle de 2018 ? Et au regard de la situation actuelle marquée par la lutte contre le terrorisme, les nombreuses revendications sociales, la cherté de la vie, le problème anglophone, entre autres, ne devrions-nous pas avoir peur d’une alternance heurtée au Cameroun ?

 M.H.Y. : La crise anglophone touche à l'essence même de notre nation : qu'est-ce que le Cameroun, qu'est-ce qui fait notre identité particulière ? Ma vision du Cameroun est très claire : nous sommes une nation du défi. Relever le défi est dans l'âme des Camerounais, et dans notre histoire. De ce point de vue, le vote historique de nos compatriotes anglophones, par lequel ils se sont rattachés au Cameroun francophone plutôt qu'au Nigeria anglophone, est aussi consubstantiel de l'identité Camerounaise que la lutte armée pour l'indépendance qu'ont menée nos aînés, dont nous sommes tous fiers aujourd'hui. Deux défis qui ont durablement forgé notre façon d'envisager le monde, et la perception que celui-ci a de nous. Et dont le souvenir doit nous aider à relever les nombreux défis politiques, sociaux, économiques, qui se présentent aujourd'hui devant nous, Camerounais, francophones et anglophones réunis.

Germinal : Si vous étiez président de la République, quelles sont les cinq priorités sur lesquelles vous focaliserez votre attention afin de satisfaire les attentes de vos compatriotes ?

 M.H.Y. : Aujourd'hui, nous avons fait des 10 règles du Consensus de Washington, volontairement masqué sous le terme d’émergence, la finalité de notre développement économique. Or, ces règles ne sont que des moyens, dont l'efficacité n'est pas démontrée. Président de la République, je changerais de paradigme : la croissance économique ne serait plus posée en objectif en soi, elle serait, comme c'est les cas en Inde et au Rwanda, un moyen pour atteindre le BIEN-ÊTRE des populations, qui deviendrait l'objectif visé. Oublié le faux-semblant de l'Émergence, j'engagerais notre pays sur l'objectif du BIEN-ÊTRE, fixé sur l'horizon 2035. Plus endogène et territorialisée, cette stratégie de développement avant tout humain, axée sur le BIEN-ÊTRE se déclinera, et se mesurera en termes : de satisfaction des besoins essentiels au premier rang desquels l'éducation, la santé et la sécurité ; de développement des activités productives, notamment agricoles, d'accès au marché du travail pour la jeunesse, et pour les entrepreneurs d'accès au marché des capitaux, enfin,  en termes de politique de la ville. Pour atteindre ces objectifs, mes cinq mesures prioritaires seraient les suivantes :
 1) Réformer notre agencement institutionnel dans le sens d'une présidentialisation du régime, afin de mettre en  place un exécutif qui agit et qui rend compte.  Au sommet de l'État, un président qui gouverne et non un président qui règne. Au plan législatif, un parlement plus resserré - plus représentatif démographiquement pour ce qui concerne l'Assemblée nationale - qui légifère et contrôle l'action gouvernementale. Afin de garantir une alternance démocratique réelle - et non plus virtuelle, la nouvelle constitution limitera la durée du mandat à sept ans, renouvelable une fois, pour une durée de 5 ans.

 2) Moraliser la vie publique et lutter contre la corruption : le citoyen sera au coeur de ce processus de moralisation qui, avec la réforme de nos institutions évoquée au point précédent, constitue le préalable à l'instauration d'un système judiciaire probe et  indépendant.
 3) Changer notre modèle économique afin d'inscrire notre pays dans la mondialisation : a) Développement compétitif des services, de l'industrie, de l'agriculture, b) l'Intégration régionale vers l'Est, selon un axe port à port de Kribi/Douala à Mombassa au Kenya; développement massif de notre environnement technologique ;

 4) Responsabilité écologique : Le Cameroun ne se réduit pas à l'entité géographique, politique et historique dont nous avons hérité. C'est aussi prosaïquement sa terre ocre, ses  arbres, sa faune, ses collines, ses montagnes, ses fleuves, ses rivages. De cela, nous n'en sommes que les dépositaires ayant pour responsabilité de la transmettre préservée aux générations qui suivront. Si nous échouons à protéger cet environnement auquel nous sommes attachés, et qui a forgé notre identité, d'autres s'en accapareront, l'exploiteront sans vergogne à des fins strictement commerciales. Avec la même vigueur que nos soldats déploient à défendre nos frontières, nous devons protéger, les forêts de Yokadouma, la savane de l'Adamaoua, les crevettes d'Edea, les éléphants de Waza, les chutes de la Menchum, les rivages de Kribi et de Limbé. Ce combat  est une priorité. Non seulement il engage notre responsabilité écologique, mais il requerra des transformations de nos institutions et de notre économie qui seront salutaires pour le pays : une décentralisation véritable, une économie plus inclusive et endogène, une implication accrue de la société civile, une plus grande efficience dans l'utilisation des ressources naturelles, et aussi, moins de corruption et  plus de transparence dans l'attribution des marchés publics. En outre, ce combat nécessite de mettre la science et la technologie au coeur de notre projet de développement.  Je souhaiterais qu'au terme de ma présidence, le Cameroun soit devenu en Afrique le pays des ingénieurs ou plus exactement des INGENIEUX, car il ne s'agit pas de créer une nouvelle technostructure peuplée d'ingénieurs, mais de diffuser dans la société l'esprit scientifique et d'innovation, en intégrant les exclus qui sont souvent les premiers à trouver à leurs problèmes des solutions personnalisées qui pourraient être étendues à grande échelle grâce à la technologie.

 5) Identité camerounaise : Redonner à nos compatriotes le sentiment fort d'appartenir à une nation fière de son histoire, de sa culture, de ses traditions et de ses valeurs.

 L'histoire du peuple camerounais est celle d'une marche vers une émancipation pleine et entière. Le temps est venu pour nous de reprendre avec une ferme détermination et une confiance forte en nous-mêmes, en notre destinée commune en tant que Nation, notre marche vers la liberté, la justice et le bien-être partagé.

 Propos recueillis par JEAN-BOSCO TALLA & JEAN BAPTISTE SIPA.


Cellule de communication de ASMA :
  (Action Solidaire pour Marafa)

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